Les arts

Les techniques enseignées visent à stimuler le mouvement créatif dans le respect de l’originalité et de ce que chacun considère comme sa quête personnelle et professionnelle.

L’expression plastique

Traces et peintures, collages, création de mandalas, modelage à l’argile, création de poupées et de marionnettes, totems, masques…

L’accent est mis autant sur l’expérimentation d’une grande diversité de matières, couleurs, médiums, outils, que sur les ressentis, les mouvements, les rythmes du corps, les sensations et les émotions. De la simple feuille de papier au travail de plus grande envergure en passant par l’élaboration de volumes sculptés ou issus d’assemblages, l’expérience va permettre à chacun, à la fois d’explorer et de renouveler différents jeux de relations entre son corps et sa propre création, son corps et l’espace de la création, son corps et le temps de la création.

Mettre les mains dans la peinture ou façonner la glaise, se confronter à la matière, manipuler des outils et des matériaux divers est un moyen d’aller à la rencontre de soi et de retrouver le chemin de ses ressources, de ses forces et de ses qualités.

Avec l’émergence des images et des symboles issus de l’imaginaire, se révèlent de multiples informations : mémoire cellulaire, émotionnelle, croyances, formes pensées. L’acte créateur bouscule les habitudes et les mémoires figées et relie au fondement même de l’être.

Etre dans l’instant de sa création, c’est la possibilité d’éprouver sa posture, sa façon d’être au monde et aussi de la transformer. Qu’il s’agisse d’imaginer des lignes, des couleurs, des formes, des gestes, des mouvements qui font traces, l’une des plus enrichissantes facultés est éveillée, l’une des joies les plus profondes, celle de créer.

Le théâtre rituel

La pratique rituelle du théâtre est reliée à l’esprit du drame antique qui était vécu dans un processus de catharsis – de purgation des émotions – et de guérison.

Avec le “sérieux d’un enfant qui joue”, les participants, à la fois acteurs et spectateurs, expérimentent et intègrent un processus mobilisant à la fois la mémoire du corps, la mémoire psychoaffective et imaginaire dans une matrice espace-temps.

Par la mise en scène des héros des mythes et des situations de vie personnelle chacun peut explorer ce qu’il a besoin d’examiner, sonder la complexité de son quotidien, affronter les forces qui échappent à son contrôle aussi bien qu’à sa compréhension. A l’abri de ce lieu sûr qu’est le théâtre, et au moyen de la formule magique « faire comme si », il peut transformer son être pour devenir ce qu’il désire.

Le théâtre rituel a un pouvoir de guérison. Il insuffle une vitalité nouvelle, une remise en mouvement de la créativité. Il sollicite des ressources jusque là ignorées, la capacité d’imaginer et d’agir là où le sujet se vivait impuissant.

C’est un art participatif qui ouvre à entendre que d’autres souffrent, aiment, s’emportent, jouissent, se brisent et parfois se relèvent ; qui nous rappelle que chaque pas a sa raison d’être et que d’autres humains ont fait le chemin avant nous. C’est un art de célébration des réussites comme des échecs, des joies et des deuils, de l’ombre et de la lumière de chacun.

La danse, le mouvement

Jeux de rythme, de répétition et d’amplification, de recherche sensorielle, de relation, d’alternance entre mouvement et immobilité, d’explorations inhabituelles…

Que la danse soit centrée sur la conscience des appuis ou sur dialogue en mouvement avec un ou plusieurs partenaires, que dans des mouvements en miroir se développe l’empathie, que la danse soit toute intérieure ou ample, voire extravagante, individuelle ou collective quand le groupe danse en chœur soudé sur un rythme et une même mélodie, elle est une médecine, une méditation en mouvement destinée à éveiller et réaliser le potentiel dont chacun est porteur, qu’il soit expert ou roi des maladroits !

L’être humain s’est toujours soigné par la danse sous toutes les latitudes et dans toutes les cultures. La danse favorise la conscience du corps, le réveil des mémoires corporelles et l’imaginaire. Danser permet de modifier le moi « cuirassé », de développer la conscience et l’ancrage organique fondamental pour se verticaliser entre terre et ciel, d’enrichir et de consolider la valeur de soi, la qualité de relation avec autrui et l’environnement, la sécurité et le plaisir et de soutenir la dimension créative.

 « Il n’existe rien de plus révélateur que le mouvement » (Martha Graham). Danser, mettre le corps en mouvement – dans une autre dimension que celle d’une finalité productive -, questionne le rapport que chacun entretient avec son corps : la façon dont il l’investit, ses représentations, ses modes de présence ou d’absence, la façon dont il accepte ou non cette part irréductible qu’est la chair, les limites introjectées au cours de son histoire.

Danser met en mouvement les résonances entre la sphère physique avec l’anatomie singulière de chacun, la sphère psychique avec ses aspects affectifs, imaginaires et symboliques et avec la sphère énergétique. C’est mettre en jeu le geste dans ses qualités spécifiques, avec une intention, dans un temps et un espace et avec une certaine énergie.

L’art du toucher conscient

La peau, avec ses qualités spécifiques – élasticité, imperméabilité, barrière immunologique, sensibilité – est un lieu de différentiation soi/non soi. Jouant un rôle important dans la sensation, elle est à la base de la conscience de l’espace et donne à chacun un lieu d’où il peut sentir, localiser et définir un dedans et un dehors.

Le toucher conscient est un art quand il redonne son corps au sujet – le sentir du dedans différentié du dehors -,  à condition que la posture du praticien soit respectueuse de son intégrité et de son intimité, sans volonté de résultat et sans savoir pour lui.

Puissant révélateur d’une façon d’être, à la fois en relation avec soi-même et en relation au monde, le toucher se situe dans l’instant présent et dans une vérité de l’être. Les tensions corporelles et les comportements sont intimement liés. Le toucher conscient permet de replacer le sujet dans sa sécurité de base et de faire résonner sa musique intime.

Cette qualité de toucher est une invitation à privilégier, une attention sélective, à prendre acte des tensions, des retenues, des réactions de refus, des peurs qui habitent le sujet et dire “oui” à ce qui est. Les tensions, les postures, la respiration, l’attitude, le regard sont des révélateurs puissants. Une fois perçus, exprimés, pleinement accueillis et décryptés, il est possible pour le sujet, d’oser une présence à soi et à l’autre plus consciente et vécue,  dans  l’ouverture.

L’art de la méditation

« Quand je mange, je mange; quand je bois, je bois; quand je dors, je dors », dit te maître zen à son disciple qui lui demande le secret de sa paix intérieure.  « Simplement ça ? », dit le disciple déçu. Méditer n’a rien d’une pratique exotique. Méditer est simple et naturel.

Il existe des centaines de techniques de méditation, issues de différentes cultures. Qu’elles nous viennent d’Orient ou d’ailleurs, elles visent la même chose, pour la plupart : éveiller la personne à la conscience d’elle-même, la sortir de la demie conscience de la vie routinière.  Et elles ont toutes un fondement commun : la relaxation, l’observation et la neutralité.

La relaxation, parce qu’un corps tendu ne sent pas, qu’à un corps tendu correspond un mental agité. L’observation de ce qui se passe dans le monde intérieur: les sensations les émotions les pensées qui vont et viennent. La neutralité  parce que la méditation a pour but l’accueil de tout ce qui est.  Comme un miroir qui ne reflète que ce qui est, beau et bon tout comme laid et mauvais.

Méditer, c’est être totalement dans son corps. Contrairement aux pensées qui vagabondent du passé au futur, le corps est au présent un ancrage organique fondamental par lequel se développe le sens de soi sur lequel s’étayent les autres sens.

Méditer, c’est porter de l’attention, être témoin de ce qui se déroule chez soi ici et maintenant : les sensations, le mouvement des sentiments, des émotions, la nature des pensées pour découvrir que tout passe, que notre nature profonde au-delà de tous scénarios, jugements et préjugés, qu’au-delà de l’histoire personnelle, quelqu’un en nous demeure immobile et silencieux.

Méditer est un état d’être au goût d’extase, celui d’exister tout simplement.

L’art de rêver

Les dernières découvertes scientifiques nous proposent un nouveau paradigme : la conscience est à l’origine de tout, est une caractéristique fondamentale de toute existence et est étroitement liée au monde physique.

Ces découvertes se rapprochent des civilisations anciennes et des pratiques de leurs guérisseurs capables de voyager entre conscience ordinaire, analytique et conscience élargie, intuitive.

La première est reliée à nos cinq sens. Elle nous situe dans l’espace et le temps et au quotidien, occupe toute la place. Quand elle se met en veilleuse, un autre champ de conscience peut se faire entendre, relié aux capacités méconnues qui sont en nous. Derrière le bruit de notre mental, de nos perceptions ordinaires, des informations sont là, toutes proches.

L’art de rêver s’appuie sur différentes techniques – relaxation créatrice, visualisation, rêve éveillé, voyage au tambour, méditations actives, mouvement régénérateur – qui créent les conditions permettant d’élargir la conscience et d’explorer l’univers qui se révèle alors à l’intérieur comme une force agissante et puissante.

 L’exploration de l’univers intérieur, à travers ses images et ses symboles, permet à la fois de révéler les mécanismes émotionnels et mentaux, de les transformer pour ouvrir le champ des possibles et laisser apparaître d’autres niveaux de réalité, d’autres dimensions de l’être humain afin le porter vers sa guérison et la création dans sa vie.